-Source UNIVERS.Nature .WWW.univers-nature.com :
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C’est dans le cadre de l’examen du "plan de relance" par l’assemblée nationale, qu’une entorse à la fiscalité vient d’être adoptée. En effet, l’éco-prêt à taux zéro, visant à réduire la dépense
énergétique des particuliers dans les logements anciens, repose sur l’amélioration de l’isolation et/ou du dispositif de chauffage. Or, certains de ces équipements faisant déjà l’objet d’un
crédit d’impôt dit "développement durable" ou encore "chaudière", ils ne pouvaient pas bénéficier d’une autre incitation fiscale.
Pour faciliter davantage la baisse de consommation énergétique de l’habitat ancien, un amendement gouvernemental visant à lever cette restriction fiscale a donc été présenté par le ministre du
budget, Eric Woerth. Adopté, après quelques vifs échanges, le cumul du crédit d’impôt dit "développement durable" et de l’éco-prêt sera toutefois limité à 2 ans, en prenant fin le
1er janvier 2011.
Concernant l’habitat neuf, rappelons que la déduction d’impôt des intérêts du crédit immobilier adopte un caractère écologique. Limité à une déduction de 40 % des intérêts la première année,
puis 20 % les quatre années suivantes, ce dispositif est révisé à la hausse pour les personnes ayant d’ores et déjà opté pour un habitat basse consommation (maximum de 50 kW/h par
m2/an) avec une déduction de 40 % des intérêts du prêt durant sept ans.
Pascal Farcy
------PETROLE EN AMAZONIE : SUVIE DES INDIENS :
Au Pérou, un projet d’exploitation pétrolière menace les derniers indiens isolés de la forêt amazonienne. Sans contact avec le reste du monde, ces groupes indigènes, déjà survivants, ne sont
pas immunisés contre des maladies aussi communes pour nous que la grippe ou la varicelle et pourraient voir leur population décimée par le seul contact avec des hommes étrangers à leur
territoire.
En janvier dernier, la compagnie franco-britanique Perenco faisait l’acquisition de Barrett Resources LLC, une société détenant des permis d'exploitation pétrolière au Pérou. En achetant Barrett,
Perenco obtenait du même coup le juteux contrat de licence du « block 67 ». Situé en plein cœur de la forêt amazonienne, à la frontière avec l’Equateur, cette concession a un potentiel de
production qui s’élève jusqu’à 100 000 barils de pétrole par jour et qui justifie très largement les 1,5 milliard de USD que compte y investir la compagnie. Ce projet d’exploitation, pour
lequel 14 puits sont prévus, va également nécessiter l’installation sur la zone de près de 1500 ouvriers. Aussi surprenant que cela puisse paraître, tout autant que l’infrastructure elle-même, la
seule présence de ces ouvriers sur le territoire représente en elle-même une très grande menace.
Des contacts entre populations humaines qui peuvent être mortels
L’espace forestier dans lequel se trouve localisé ce prometteur « block 67 » de la région de Napo est habité par des groupes d’indiens isolés, fermement opposés à la présence étrangère
et, non immunisés, extrêmement sensibles à toute forme de contact. Dans le bassin amazonien au Pérou, tout comme au Brésil, les indiens isolés sont des groupes de survivants, ou descendants de
survivants, de tribus massacrées par des chercheurs d’or ou des agriculteurs, qui ont pris la décision, il y a plusieurs décennies, de s’isoler pour se préserver. D’après François Michel le
Tourneau, chercheur au CNRS, dans une interview accordée à LCI, il existerait plus de 60 groupes ethniques d’indiens isolés. Cette population humaine, vivant selon ses propres principes et sans
contact avec le reste du monde, est estimée à seulement 1 ou 2 milliers d’individus. Or, l’isolement que ces peuples ont choisi, pour sauver leur culture et leur mode de vie, est aussi la condition
impérieuse de leur survie. On se rappellera notamment, dans les années 80, la mort de plus de la moitié des Nahuas de la forêt péruvienne suite à la propagation de maladies infectieuses après leur
premier contact avec des bucherons. Vu les antécédents de la Compagnie pétrolière Perenco, on ironise un peu à lire sur son site internet qu’elle s’engage sur la voie de la responsabilité sociale
et que son objectif est d’apporter une contribution positive aux communautés locales. Encore faudrait-il qu’elle reconnaisse l’existence même de ces communautés. Car, dans le cas de l’exploitation
du « block 67 », l’entreprise nie fermement la présence d’indiens isolés sur la zone.
Face aux enjeux qui motivent ce genre de position de la part de l’entreprise, des associations comme Survival International et l’AIDESEP (la plus grosse organisation indigène péruvienne) s’engagent
dans une lutte difficile pour sauver ces indiens et empêcher l’exploitation de la zone. Bien qu’un recours juridique soit possible en s’appuyant sur les conventions internationales qui protègent
les droits des populations indigènes, on bascule rapidement dans une situation inextricable. La convention 169 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) stipule que tout projet affectant
directement ou indirectement les communautés autochtones doit être informé et doit obtenir le consentement des dites communautés. Mais, alors, que faire, quand les groupes d’indiens isolés refusent
explicitement tout contact et, que, ce qu’il faut défendre justement, est bien ce droit qu’ils ont de prendre eux-mêmes leur décision ?
Elisabeth Leciak
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