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Le récent vote du Grenelle 1 à l'Assemblée nationale (lire le communiqué de presse du Cniid du 16 juin 2009) vient de révéler une fois de plus la schizophrénie dans laquelle la France se maintient. D'une part de beaux discours lénifiants sur la réduction des déchets et la valorisation matière; de l'autre, des blancs-seings en série pour la promotion de l'incinération des déchets, nouvellement maquillée sous le terme mensonger de valorisation énergétique. Lors des débats au Palais Bourbon, le député Yves Cochet a qualifié cette expression d'«euphémisme de technocrate». Il est regrettable qu'il n'ait pas été plus écouté.
Dans la pratique, l'opposition entre le développement du recyclage et le recours à l'incinération est démontrée de manière éclatante par le reportage de Bakchich-info intitulé « Déchets : la grande hypocrisie ». Dany Dietmann, maire de Manspach, y explique les pressions subies après avoir mis en place la tarification incitative sur sa communauté de commune : il a alors été « incité » à re-mélanger les déchets triés pour alimenter l'incinérateur local. Lors des discussions du Grenelle, le refus au niveau national de suspendre les nouvelles capacités d'incinération met aujourd'hui la Corse, Clermont-Ferrand, Fos, Arques ou Saint Villers, entre autres, dans des situations intenables où l'on tente d'imposer l'incinération par la force. S'il est possible « d'arrêter définitivement un incinérateur », il est également possible de décider de ne pas en construire, comme l'a fait la Belgique ; il est urgent aujourd'hui de faire cesser les projets en cours et réfléchir enfin à un changement de paradigme. Malheureusement, comme chez les shadoks, « La maladie la plus grave du cerveau, c'est de réfléchir »
Contact : Sébastien
Lapeyre *Flamoval, une autre aberration écologique et énergétique qui met en péril des centaines d'emplois Le préfet du Pas-de-Calais vient d'autoriser l'exploitation de l'incinérateur Flamoval à Arques au grand dam des associations de protection de l'environnement, notamment « Les riverains du Smetz », qui luttent depuis neuf ans contre ce projet. Neuf ans, c'est le temps qui aurait pu être consacré à la mise en place d'une politique de réduction et de tri des déchets associée au développement de filières de valorisation matière. Rappelons au Syndicat Mixte Flandre Morinie que sa mission n'était pas de « créer cet incinérateur », comme le dit Joël Duquenoy, son ancien président, mais bien de gérer les déchets de leurs administrés en tenant compte des aspects socio-économiques, sanitaires et environnementaux. Spécialiste de la question climatique, le Réseau Action Climat (RAC) ainsi que Greenpeace, les Amis de la Terre et le WWF ont dénoncé l'autorisation donnée par le Préfet. Comme le Cniid a essayé de le faire comprendre aux députés lors du Grenelle 1, l'incinération constitue en effet un obstacle de taille à la lutte contre les changements climatiques puisqu'elle vient concurrencer de façon très forte le développement des énergies renouvelables au niveau local et constitue un important émetteur de gaz à effet de serre, à l'inverse de la méthanisation. Mais ce n'est pas tout. Au-delà des risques sanitaires et environnementaux liés à cette onéreuse technologie du siècle passé, cette décision met en péril localement près d'un millier d'emplois associés à une entreprise agroalimentaire craignant pour son image et la sécurité de sa production. Joël Duquenoy, en affirmant que son projet d'incinérateur a reçu « beaucoup de critiques, mais jamais de propositions », semble oublier que des alternatives à l'incinération économiquement attractives, respectueuses de l'environnement et créatrices d'emplois existent. Ce sont ces alternatives qui être doivent être mises en place et soutenues afin de passer progressivement d'une société de gaspillage qui brûle ou enfouit des matières premières à une société qui met en avant la réduction, la réutilisation et le recyclage. La France grenellienne en est loin...
Association des riverains du Smetz : http://riverainsdusmetz.free.fr/
Contact : David Dabo -Le deuxième incinérateur dans l'Oise sera-t-il imposé de force ? A l'heure où la conscience écologique se fait sans cesse plus forte chez les citoyens, où une réduction de la quantité de déchets commence à se faire sentir et où certains Etats comme l'Ecosse font le choix de sortir de l'incinération pour se diriger vers une société du recyclage (voir article ci-dessous « L'Ecosse veut sortir de l'incinération »), le projet de deuxième incinérateur dans l'Oise est un nouvel exemple des choix catastrophiques faits par la France en matière de gestion des déchets, à l'initiative d'une poignée de décideurs locaux influents. Aux projets de méga-incinérateurs de la Communauté urbaine de Marseille ou de l'Agglomération de Clermont-Ferrand s'ajoute celui de Villers-Saint-Sépulcre dans l'Oise, sur un site situé à 30 kilomètres à peine de celui de l'incinérateur de Villers-Saint-Paul datant de 2004. Depuis des mois, l'association ACCIDE (Association citoyenne contre l'installation d'un incinérateur et pour la défense de l'environnement) se mobilise pour informer citoyens et élus de l'aberration écologique que constitue ce projet et sur les moyens d'appréhender la problématique des déchets de manière à promouvoir réduction, réutilisation et recyclage. « Cet incinérateur est d'autant moins justifiable que les installations du département sont suffisantes pour gérer les déchets jusqu'en 2023 », précise la présidente d'ACCIDE Agnès Clary-Wawrin, « ce qui laisse le temps pour la mise en place de solutions réellement écologiques » . Pour le Symove (Syndicat Mixte Oise Verte Environnement) et son président le sénateur Alain Vasselle, il y a urgence à faire passer en force le projet puisque le Plan Départemental d'Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés en cours de révision pourrait adopter un scénario sans recours à un second incinérateur, comme le préconise le président du conseil général Yves Rome. Lors de la séance des questions au Sénat, Alain Vasselle ne s'est pas privé d'interroger le gouvernement pour savoir quels fondements constitutionnels et juridiques pourraient autoriser un conseil général à exclure un projet de la collectivité du futur plan révisé. Il avait bien sûr en tête son propre projet d'incinérateur, menacé par le PDEDMA 60. Comme pour les autres projets d'incinérateurs en cours, gageons que celui de Villers Saint Sépulcre ne voie jamais le jour, et qu'enfin se traduisent en actes les priorités à la prévention, au réemploi ou au recyclage inscrites dans le Grenelle de l'environnement et dans la directive cadre sur les déchets. Pour en savoir plus : association ACCIDE |
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